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Faut le savoir: Réflexions sur la Foire aux Savoirs d’Addis Abeba, 18-21 octobre 2010

‘La connaissance est comme un jardin potager: si elle n’est pas cultivée, elle ne sera jamais récoltée’ dit un proverbe sud-africain. Par contre, pour une belle récolte, mettre ensemble 300 personnes issues d’organisations et projets différents, du continent africain principalement, leur donner des espaces de discussion et écouter pour découvrir les idées qui, grâce aux échanges d’informations, se retrouveront dans les différentes plateformes de développement rural et agricole dans un futur proche…

FARMINC displayLa Foire aux savoirs 2010 organisée autour du thème ‘Agri savoirs en Afrique’ qui a eu lieu du 18 au 21 octobre à Addis Abeba, sur le campus de l’Institut International de Recherche sur l’Elevage (ILRI) aura permis à l’ILRI de faire partie de la conversation entre experts du développement en Afrique. ‘Pendant trois jours, les participants ont discuté de questions clé autour des thèmes de l’agriculture, de l’eau, du changement climatique, des systèmes fonciers et de l’élevage, explique Peter Ballantyne, Responsable du département gestion des savoirs et informations de l’ILRI, et ils devraient avoir une compréhension plus approfondie des outils disponibles pour la gestion des connaissances dans le domaine du développement rural en Afrique.’ D’après lui,  ‘l’intention de cet événement était aussi d’offrir la possibilité de créer des partenariats, de mettre en évidence les savoirs locaux pour améliorer le développement agricole en Afrique’.

Beaucoup d’énergie, de discussions, de collaborations ont vu le jour. Voici rapidement quelques éléments pour mieux comprendre ce qui s’est réellement passé pendant cet événement original…

Jour ‘0’

Afin de partager informations et connaissances ‘pratiquement’, des outils sont nécessaires…Une journée de formation intitulée ‘Day 0’ ou ‘Jour 0’ (parce précédant l’ouverture officielle de la Foire aux savoirs) a donc été mise en place par le Programme Information and Communications Technology and Knowledge management du GCRAI (ICT-KM), pour introduire les concepts de partage des connaissances, gestion des savoirs, TIC, animation d’ateliers, média sociaux, collaboration en ligne et autres.

Après avoir identifié et choisi les sessions de formation correspondant à leurs activités professionnelles ou leurs envies d’utiliser de nouveaux outils, les participants ont suivi différentes sessions de formation en parallèle (voir agenda) chacune concentrée sur des outils et méthodes de communication (blogging, interaction face à face, vidéo, Mendeley, radio, etc.). Voir photos et informations si vous souhaitez vivre ou re-vivre le ‘Jour 0’, ou lire le blog maintenu par Peter Casier, responsable de l’équipe des média sociaux lors de la Foire aux Savoirs.

Jours 1-2-3

Partie intégrante de cette Foire, l’aspect culturel a été particulièrement soigné par les organisateurs  de l’ILRI qui ont œuvré pour que la culture éthiopienne soit présente et découverte par les participants durant les trois jours. Entre autres, un sonneur de cor traditionnel annonçait le début et la fin des sessions, le café traditionnel (bunna) était servi à différents endroits, et le marché du mardi après-midi était représentatif d’un vrai marché éthiopien. Comme partout en Afrique, il était possible de s’asseoir et discuter sous ‘l’arbre à palabres’, ou animer une session assis sur les tabourets traditionnels (dukas). Voir photos.

Des présentateurs aux idées novatrices ont laissé matière à réflexion à chacun (notamment Owen Barder, économiste et expert en développement international basé à Addis Abeba, avec une allocution intéressante sur la diversité de l’information liée à l’évolution,), les parcours thématiques ont stimulé des collaborations et des futures rencontres (voir AgKnowledge Africa Wiki sur l’organisation des parcours d’apprentissage sur l’eau, le changement climatique, les systèmes fonciers et l’élevage).

Une série de ‘groupes de discussion (‘focus groups’) aux thèmes très variés tels la téléphonie mobile, la façon de communiquer sur l’agriculture, le futur des télécentres, les données spatiales, la participation des jeunes, savoirs locaux, etc. ont également occupé tous les espaces disponibles sur le campus. Il était même possible de créer de nouveaux groupes de discussion selon les intérêts…

Transport des connaissances à dos d’ânes …

Convey of organizational innovative and alternative transportation meansLes connaissances ne se partagent pas seulement sur clés USB, ordinateurs et lors de conférences ! Un marché en Afrique ou ailleurs est LE lieu d’échange d’informations entre acheteurs, vendeurs, badauds et autres visiteurs…Prenant cette idée à la lettre, les organisateurs ont transformé le campus de l’ILRI en marché éthiopien où chacun était prié d’amener des éléments (documentation, livres, CD, etc) représentatifs de son projet ou activité et de les présenter sur une station au choix (exemple : gulit = marché ouvert où les objets sont exposés et obligent les passants à s’arrêter pour discuter ; ensira = cruches d’eau transformées en ‘cruches de connaissances’ à transporter et discussions sur le chemin, etc. ) ou de faire le tour du ‘marché’ en s’arrêtant aux nombreuses stations mises en place. Les ânes (éléments clé dans le monde rural en Ethiopie et en Afrique) transportant ‘les connaissances’ de différents projets ont eu beaucoup de succès…  Pour en savoir plus.

Une feuille de chou, ‘The Daily Tail’, petit journal bourré d’informations a également accompagné les participants au jour le jour et les cinq éditions peuvent être lues en ligne.

Comme un échange, une conversation jamais terminée, cette Foire aux Savoirs est une étape parmi d’autres Foires, passées ou à venir. L’essentiel est dans la transmission des savoirs, la passion qui animait nos collègues lors de sessions rassemblant agriculteurs, chercheurs, communicateurs et dans les réseaux établis entre participants… Et il reste à espérer que des initiatives de ce genre auront lieu à un niveau régional, avec pourquoi pas des thématiques plus précises.

Last but not least, cet événement a pu voir le jour grâce au soutien du Fonds international de développement agricole (FIDA), de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), du Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale (CTA), de la Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (GTZ), du Programme Information and Knowledge Management (IKM Emergent), du Programme Information and Communications Technology and Knowledge management (ICT-KM) et de l’ILRI.

Enfin, les nombreux blogs, articles et photos devraient transmettre et continuer à permettre l’échange d’informations dans un esprit d’apprentissage, d’ouverture, et de renforcement des capacités entre participants  de la Foire aux Savoirs pour que tous deviennent agents du changement dans le processus du développement rural en Afrique…

par Geneviève Renard

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